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 Les écrans nous envahissent...

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Jeffdu60

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Messages : 103
Date d'inscription : 09/02/2008

MessageSujet: Les écrans nous envahissent...   Ven 14 Mar - 19:40

«Quand je rentre le soir, je retrouve systématiquement mon mari et mes enfants scotchés devant un écran, les uns devant la télévision, les autres devant un ordinateur. C’est déprimant : j’ai l’impression d’être transparente.» Le blues de cette mère de trois enfants est loin d’être un cas isolé. En 2007, une famille sur deux dispose d’un accès Internet haut débit, presque autant de deux téléviseurs à la maison. Ces dernières années, les consoles de jeux, les baladeurs MP3 et autres écrans ont peu à peu envahi l’espace familial. Lors d’une récente étude réalisée au sein de son pôle Consojunior, TNS Média Intelligence a même distingué une nouvelle catégorie de jeunes : les «ados techno sapiens», qui représenteraient près de 30 % des 11-19 ans. Véritables experts des médias numériques, ils en font une utilisation quotidienne intense, cumulant bien souvent les activités : ils jouent à un jeu vidéo, surfent sur Internet ou envoient des SMS, tout en regardant la télévision ou en écoutant la radio.

Cette pratique assidue pèse-t-elle sur le climat familial ? A-t-elle un impact sur leurs relations avec leurs parents ? Les jeunes interrogés déclarent bien s’entendre avec eux et pouvoir leur parler de tout, sans tabou. «Mais ces déclarations optimistes ne sont-elles pas justement biaisées par le fait que leurs parents sont hyperpermissifs ?», s’interroge Catherine Ducerf, responsable de l’étude Consojunior.

Un réseau d'amis virtuels



Les adultes sont tout de même de plus en plus nombreux à se plaindre de la place prise par ces écrans, qui grignotent peu à peu la vie de famille. «Dès qu’elle rentre de cours, ma fille de 16 ans se plante devant son ordinateur pour alimenter sa page “Facebook” et discuter sur MSN (messagerie instantanée)», s’agace Nathalie, 42 ans. «Cela ne veut pas dire que les relations familiales ont disparu, analyse la sociologue Dominique Pasquier, directrice de recherche au CNRS, mais le foyer est sans cesse investi par des personnes extérieures, il n’est plus un endroit où l’on se protège du monde. Plus inquiétant, les parents n’ont souvent plus connaissance du réseau social de leurs enfants.» Peu à peu, les jeunes seraient «étouffés par cette sociabilité horizontale» (entre pairs), au détriment du lien vertical qu’ils entretiennent avec leurs aînés. Face à des adolescents enfermés dans une communication entre jeunes, le discours familial est vite discrédité. Résultat, les parents ont de plus en plus de mal à transmettre une culture qui vient du passé. Un processus qui aboutit, selon la sociologue, à une «crise de la transmission».

«Être “fille ou fils de” compte aujourd’hui moins, pour nombre d’adolescents, que leurs réseaux d’amis virtuels», renchérit le psychiatre et psychanalyste Serge Tisseron. Ce spécialiste de notre relation à l’image analyse, dans son dernier livre (1), l’émergence de nouvelles familles virtuelles, que l’on se crée sur mesure via les écrans. «Des familles selon Tintin», résume-t-il, en référence au héros de Hergé dont on ne connaît pas les parents, mais qui se constitue une lignée de substitution au gré des rencontres. Principal avantage, ces structures sont souples, sans engagement. On peut s’en libérer d’un simple clic. À l’image de ce site lancé récemment qui propose aux parents de choisir pour leurs enfants des «grands-parents de cœur». Des grands-parents en contrat à durée déterminé, en quelque sorte. De la même façon, dès l’âge de 9-10 ans, des enfants peuvent trouver dans les jeux en réseau des tuteurs, maîtres virtuels et autres substituts parentaux qui leur feraient défaut dans la «vraie vie». Avec les dangers que cela comporte…

Selon Serge Tisseron, il faut cependant se garder de la tentation de voir dans la prolifération des nouvelles technologies la source de tous les maux de la famille. «Les écrans, dit-il, ne font souvent que révéler les dysfonctionnements : nombre de parents pensent que leur adolescent ne vient plus manger à table à cause des jeux vidéos ou d’Internet, alors que, bien souvent, le dialogue était rompu depuis longtemps.» De fait, les adultes ont souvent leur part de responsabilité. Les études le montrent : dans les foyers connectés à Internet haut débit, les parents passent plus de temps à parler à leur famille éloignée géographiquement qu’à leurs propres enfants ! «Souvent, ce sont les parents qui donnent le mauvais exemple. Ne serait-ce qu’en décrochant leur téléphone mobile lorsqu’il sonne en plein repas…», souligne Serge Tisseron.

L'attitude des parents reste ambivalente



Aussi, bien des parents encouragent-ils indirectement l’attachement de leurs enfants aux écrans. Les nouvelles technologies leur donnent, dans un premier temps, l’impression de mieux pouvoir les surveiller : «Quand il joue aux jeux vidéo en réseau à la maison, il ne traîne pas dehors», «grâce à son téléphone portable, je sais où il se trouve», entend-on souvent. Ce contrôle s’avère bien illusoire dès que l’enfant grandit et apprend à s’approprier l’outil… Face aux écrans, l’attitude des parents reste «ambivalente», comme le souligne l’ethnologue Walter Detomasi (2). «Ils sont conscients des risques que les écrans comportent, comme l’addiction ou la possibilité d’être confronté à des images violentes ou pornographiques. Mais ils pensent, à juste titre, que l’aptitude de leurs enfants à utiliser ces nouvelles technologies déterminera leur capacité à s’inscrire dans le monde de demain.» Une préoccupation d’autant plus justifiée qu’ils ont pu voir leurs propres parents en situation d’échec professionnel, faute d’avoir su s’adapter aux outils informatiques.

Certains parents renouent même une certaine forme de complicité à travers ces usages ludiques. Ne voit-on pas des pères emprunter la console de leurs enfants ou jouer avec eux ? «Si les pères y trouvent l’occasion d’une forme de camaraderie, comme dans la pratique d’un sport, les mères restent plus soucieuses d’assurer le rôle de régulation. Elles sont particulièrement sensibles à la surexcitation psychomotrice provoquée par le jeu vidéo», poursuit Walter Detomasi. Paradoxalement, la télévision fait souvent l’objet d’une plus grande régulation parentale que les écrans interactifs. «On ne combat bien que ce que l’on connaît bien», avance-t-il.

C’est pourquoi des organisations comme le Collectif interassociatif enfance et média (Ciem), qui regroupe d’importantes associations familiales, militent pour un meilleur accompagnement des parents dans la découverte de ces nouveaux territoires. Selon Christian Gautellier, vice-président du Ciem, «ils ont besoin d’être guidés, informés par des notices claires, des outils de décryptage, qui vont leur permettre d’exercer leur rôle éducatif.»

Christine LEGRAND
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Adam

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Messages : 33
Date d'inscription : 24/02/2008

MessageSujet: Re: Les écrans nous envahissent...   Mar 18 Mar - 14:43

C'est insupportable, les gens y sont connectés 24h/24, les conséquences vont être terribles à la longue !
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Jeffdu60

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Messages : 103
Date d'inscription : 09/02/2008

MessageSujet: Re: Les écrans nous envahissent...   Mer 19 Mar - 19:27

et encore, je pense que l'on ne sait pas tout ! pale
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MessageSujet: Re: Les écrans nous envahissent...   

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