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 Sursis pour les Chrétiens du Kosovo?

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Jeffdu60

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MessageSujet: Sursis pour les Chrétiens du Kosovo?   Sam 9 Fév - 19:16

Les Serbes de cette province historique de la Serbie redoutent le statut d’indépendance que la majorité albanaise musulmane veut proclamer.

Reportage dans les dernières enclaves chrétiennes.


A Mitrovica, le poste d’observation aménagé par les parachutistes français sur le toit du centre culturel, en bordure de la rivière Ibar, a été remis en état d’alerte. Ce n’est pas par hasard. En contrebas, le pont Austerlitz qui sépare la ville en deux entités ethniques, homogènes et antagonistes, est de nouveau placé sous haute surveillance. Tout le monde a gardé en mémoire la violence des affrontements de mars 2004, marqués par de terribles violences antiserbes et anti-roms.

De confession chrétienne orthodoxe, les Serbes continuent à être les principales victimes de la haine interethnique qui règne au Kosovo, cette province historique de la Serbie, peuplée majoritairement d’Albanais musulmans (90 % des 2 millions d’habitants). Il suffit de lire la chronique des faits divers de ces derniers mois : tabassage d’une femme serbe à Mitrovica, attentat à la roquette contre le monastère de Decani, destruction d’une station d’essence d’un Serbe à Novo Selo, agression d’un fermier dans l’enclave serbe de Gojbulja.

Cela pourrait sans doute être pire. « Les leaders de chaque communauté tiennent leurs troupes afin de ne pas se mettre dans le rôle du mauvais élève vis-à-vis de la communauté internationale », confie le lieutenant-colonel Yann Gravette, chef des opérations du bataillon français de la Kfor, au nord du Kosovo. « Le fossé qui sépare nos deux communautés n’a cessé de s’approfondir depuis juin 1999 », reconnaît Zoran Vukomanovic, auteur d’un ouvrage consacré à l’histoire de Mitrovica, militant du lien franco-serbe.

« La ville a été libérée le 10 octobre 1918 par des Français, le 4e régiment de chasseurs du groupement du général Tranié, rappelle cet érudit local. Le dernier soldat tombé sur le front de Salonique, le 26 octobre 1918, s’appelait Auguste Berthe. Sa tombe se trouvait dans le cimetière chrétien orthodoxe de Mitrovica, en zone albanaise. Chaque année, à la même date, sa tombe était pieusement fleurie. Jusqu’à l’arrivée des communistes. »

Abandonnées sans aucune protection depuis 1999 aux vandales, aux pillards et aux animaux domestiques, la plupart des tombes ont été entièrement saccagées. Le cimetière offre un spectacle de désolation. Archiviste passionné, Zoran Vukomanovic est formel : « L’indépendance octroyée aux Albanais ne peut que parachever l’entreprise déjà avancée d’effacement systématique de toute trace de la culture et de la civilisation serbe au Kosovo. »

Dans l’enclave de Lipljan, le seul endroit où règne un semblant d’animation est une échoppe qui tient lieu d’épicerie, de bistrot et de salle d’attente pour les rares voyageurs qui se rendent en minibus à Gracanica, à leurs risques et périls. « Depuis les événements de mars 2004, l’enclave pâtit d’une lente asphyxie que les Albanais entretiennent à coups de provocations humiliantes », confie un habitué. L’artère principale a vu ses magasins serbes entièrement saccagés par la horde de vandales kosovars albanais qui déferla les 17 et 18 mars 2004. La rue a été rebaptisée du nom de Scanderbeg, un héros mythique de l’irrédentisme albanais. Deux grands immeubles, situés à une centaine de mètres des deux églises, sont en cours de construction. « De quoi renforcer le sentiment d’étouffement que l’on ressent de plus en plus », ajoute un autre client.

La “frontière” entre la partie albanaise et la partie serbe de la ville est invisible, mais aucun Serbe ne se hasarderait à franchir les cent mètres, à peine, qui séparent les parterres herbeux des églises du café flambant neuf de la rue Scanderbeg. Des immondices s’accumulent côté serbe. Les services de la voirie de Lipljan ne passent plus. Toutes les dix minutes, un véhicule des soldats finlandais de la Kfor effectue une patrouille autour de l’enclave. C’est la seule sécurité offerte aux familles irréductibles restées sur place. Dejan, le chauffeur du minibus, est sans illusion : « L’indépendance provoquera un inévitable exode. »

Autre enclave serbe située à une quinzaine de kilomètres au sud de Mitrovica, Priluzje s’étire le long de la voix ferrée qui relie Leposavic au nord à Kosovo Polje, le terminus, dans la grande banlieue de Pristina, capitale de la province. La nouvelle église, dont les travaux sont en cours d’achèvement, fait la fierté de ses habitants. « Il n’est pas question de laisser notre église tomber aux mains des Albanais. Ici nous sommes chez nous, en Serbie, sur une terre chrétienne », tempête le chef de chantier, prenant à témoin ses ouvriers, roms et serbes. Tous acquiescent en faisant le signe de victoire, le pouce, l’index et le majeur de la main droite écartés, les trois doigts du signe de croix orthodoxe.

Cent mètres plus loin, dans le café en face de la gare, les consommateurs assis sur des bancs en bois sous les portraits du prince Lazar, de Slobodan Milosevic et de la reine Hélène se montrent tout aussi déterminés. Chacun proteste de ses sentiments patriotiques. Ils se surnomment “tchetniks” ou “partisans” et rient bruyamment. Pour eux au contraire, l’indépendance ne signifie pas l’exode : « Quel que soit le prix à payer, nous resterons ici. Cette terre est la nôtre. Personne ne nous protégera des Albanais s’ils devaient l’emporter. Rappelez-vous ce qui s’est passé en 2004 à Svinjare. » Svinjare, une tragédie de plus dans la mémoire des Serbes du Kosovo. Cette enclave située quatorze kilomètres plus au nord, près du camp militaire français “Belvédère”, fut entièrement dévastée lors des émeutes de mars 2004. Des maisons neuves, reconstruites grâce à l’intervention de l’Unmik (la mission de l’Onu au Kosovo), attendent le retour de leurs propriétaires, réfugiés à Mitrovica. Deux familles seulement ont osé revenir. Tous craignent la réédition des violences. Certains s’apprêteraient déjà à tout revendre aux Albanais, avant qu’il ne soit trop tard.

La fin du mois de juin a été marquée par une forte tension avec la traditionnelle commémoration du 618e anniversaire de la célèbre bataille du Champ des merles, à Kosovo Polje, au cours de laquelle l’armée du prince chrétien Lazar fut défaite par celle du sultan Murat. Les Serbes ont fait de cet affrontement le mythe fondateur de leur nation. Ils l’ont célébré, les 27 et 28 juin, dans le calme et la dignité, mais, avec la perspective de l’indépendance bientôt accordée par l’Onu, aucun n’a caché son sentiment de revivre l’une des pages les plus sombres de leur histoire.

Les autorités religieuses et civiles ont proclamé leur détermination à ne pas lâcher le Kosovo, à protéger les Serbes. Le 27 au soir, après l’office religieux dédié à la mémoire des “héros tombés au champ d’honneur”, l’évêque de Raska et Prizren, Mgr Artemije, a évoqué « l’interminable Golgotha du peuple serbe » : « La bataille de Kosovo se poursuit pour que la justice et la paix finissent par triompher de l’aveuglement de ceux qui veulent priver les Serbes du berceau de leur état et de leur religion. »

Venu de Belgrade, Slobodan Samardzic, le ministre du gouvernement de Serbie en charge du Kosovo, s’est montré le plus direct : « L’État retournera au Kosovo comme il est de son devoir de le faire. » Le lendemain, au pied du monument de pierre érigé en hommage aux victimes de l’invasion ottomane, protégé en permanence par un bataillon tchèque, chars à l’appui, les autorités religieuses et le prince Alexandre Karageorgevitch se relayaient pour réaffirmer l’intangibilité des frontières de la Serbie. « C’est ici que se trouvent notre passé et notre présent. C’est ici que nous devons construire notre avenir », proclamait le prince héritier de la couronne de Serbie devant le millier de pèlerins arrivés tôt le matin, sous haute protection.

Partis à pied de Belgrade le 6 juin, puis convoyés de Mitrovica à Gazimestan dans des bus protégés par la police de l’Onu, les “marcheurs pour le Kosovo” eurent droit à une humiliante “haie d’honneur”, avançant au milieu des rangs hostiles du KPS, l’embryon de police de l’État kosovar (des policiers à 95 % albanais).

« Il ne leur manque que l’insigne de l’UCK pour compléter leur panoplie », me disait Branko, agriculteur expulsé d’Istok en 1999, réfugié à Mitrovica : « La terre du Kosovo est maudite. Les Turcs, les Albanais, comme les Serbes, ont été perdants et tous perdront à nouveau. Avec l’indépendance, vous apaiserez les frustrations de deux millions d’Albanais mais vous aurez celles de huit millions de Serbes. »
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MessageSujet: Re: Sursis pour les Chrétiens du Kosovo?   Dim 24 Fév - 2:59

Ca fait parti de la stratégie géopolitique allemande. Ce qu'on a pas vu ce sont les panneau des kosovars avec marqué dessus "Danke Deutschland". (Merci l'Allemagne)

C'est détruire les Nations pour mieux créer l'Europe Fédérale.
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Jeffdu60

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MessageSujet: Re: Sursis pour les Chrétiens du Kosovo?   Dim 24 Fév - 15:57

Lantenac a écrit:
Ca fait parti de la stratégie géopolitique allemande. Ce qu'on a pas vu ce sont les panneau des kosovars avec marqué dessus "Danke Deutschland". (Merci l'Allemagne)

C'est détruire les Nations pour mieux créer l'Europe Fédérale.

exacte, mais c'est la géostratégie de l'Union européenne en réalité, derrière laquelle se cache une autre stratégie plus... mondiale celle-ci, dans le jeu les USA aussi devront abandonner leur souveraineté pour accepter une union nord-américaine.
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Lantenac



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MessageSujet: Re: Sursis pour les Chrétiens du Kosovo?   Lun 25 Fév - 12:46

Héhé en effet. Connais-tu Pierre Hillard ? Il a écrit des ouvrages à ce sujet. J'ai participé à une de ses conférence jeudi dernier. Très intéressant !
Si ça t'intéresse je te donnerai les références des livres, je lui ai acheté les 3.
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MessageSujet: Re: Sursis pour les Chrétiens du Kosovo?   

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